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Revue par exception : la préparer dans le MES

Vos relecteurs relisent tout le dossier de lot, même quand tout est conforme. La revue par exception change cela. Le MES signale ce qui mérite une analyse, et le relecteur se concentre dessus. Mais cela se prépare avant la production. Voici comment, puis un exemple sur une opération de lavage.

La revue par exception, c’est quoi ?

C’est une façon de relire le dossier de lot. Tout reste enregistré dans le dossier, les résultats conformes comme les écarts. Mais le relecteur ne relit plus chaque ligne. Le MES lui présente seulement les points à examiner : une valeur hors limites, un contrôle visuel non conforme, une correction de saisie, une intervention à justifier.

Qu’est-ce que ça change pour vos relecteurs ?

Ils passent moins de temps sur les dossiers sans problème et plus de temps sur les vrais sujets. Sur un de nos projets, la revue des dossiers de préparation des milieux est passée de trois semaines à une demi-journée.

Comment décide-t-on ce que le MES signale ?

Par une analyse de risque, élément par élément. Pour chaque donnée du dossier, on se pose deux questions. D’où vient-elle : d’une saisie manuelle, d’un calcul automatique, d’une interface qualifiée ? Et que se passe-t-il si elle est fausse, pour le procédé et pour le patient ? Les éléments à risque restent sous revue. Les autres sortent de la relecture systématique.

C’est l’assurance qualité qui valide cette analyse. Sans son accord, rien ne change dans la façon de relire. Sur notre projet, l’analyse a porté sur plus de dix mille éléments du MES.

Et les audit trails ?

Ils servent surtout pour ce qui se passe à côté du dossier de lot. Par exemple, un opérateur modifie à la main l’état sanitaire d’un équipement. Cette action n’apparaît dans aucun dossier, mais elle peut avoir un impact sur le lot. La stratégie de revue doit dire quelles actions de ce type remontent comme point à examiner, avec leur auteur et leur heure.

Qui contrôle quoi ?

Trois acteurs peuvent contrôler une donnée. L’équipement ou le SCADA, qui évalue son propre cycle. L’opérateur, qui observe et saisit un résultat. Le MES, qui vérifie une valeur ou une règle à l’étape concernée. Il faut décider, pour chaque contrôle, lequel des trois en est responsable. Ensuite on configure le modèle de dossier de lot (MBR) avec ces données, ces règles et l’accès aux preuves.

Puis on organise le circuit de revue : qui analyse, qui justifie, qui signe, côté production et côté qualité. Et on précise ce qui bloque la production tout de suite, et ce qui peut attendre la revue.

Enfin on teste tout le parcours avec les utilisateurs, du résultat de l’équipement jusqu’à la décision du relecteur. Et on met à jour les règles à chaque évolution du procédé ou des interfaces.

Le principe et sa mise en œuvre dans le MES

Exemple illustratif · une opération de lavage

Un cycle conforme. Et la charge ?

La laveuse évalue son cycle. L’opérateur examine le matériel lavé. Le MES rapproche ces deux résultats pour établir la conformité globale de l’opération et faire ressortir les exceptions.

Explorer les étapes du contrôle
Vue en coupe de la laveuse : paniers de pièces, buses et circulation du fluide.Vue en coupe illustrative
La vue en coupe situe les pièces et les circuits de lavage. Choisissez une phase pour en comprendre les contrôles. La machine reste fermée pendant le cycle réel.

Ce que contrôle la laveuse

Observer une phase

Les buses et les injecteurs distribuent la solution de lavage sur les pièces et à l’intérieur des éléments raccordés au panier.

L’équipement surveille les paramètres de sa recette : temps, température, circulation et dosage, selon la conception retenue.

Essayer un résultat transmis au MES

Les contrôles du cycle sont satisfaits. L’équipement transmet un verdict conforme, rattaché au cycle et à la charge.

Conformité du cycleCycle conforme
Conformité visuelleÀ réaliser
Résultat global dans le MESConformité non établie

Exemple illustratif : les critères, preuves et règles sont à définir et qualifier pour chaque site. Le résultat concerne l’opération de lavage, pas la libération du lot.

Pourquoi un cycle conforme ne suffit pas ?

Prenons une laveuse. Elle exécute sa recette, surveille le temps, la température, la circulation et le dosage, puis rend un verdict : cycle conforme ou non. Le MES reçoit ce verdict, avec la référence du cycle et de la charge, et le lien vers le rapport. Il ne recalcule rien.

Mais le verdict de la machine ne dit pas si les pièces sont propres. Après le cycle, l’opérateur regarde le matériel et cherche un résidu ou une trace. Il saisit son résultat dans le MES, avec son nom et l’heure.

La règle est simple : il faut les deux. Un cycle conforme avec un résidu visible reste non conforme. Un contrôle visuel satisfaisant ne rattrape pas un cycle non conforme. Tant que l’opérateur n’a pas saisi son résultat, l’opération n’est pas conforme.

Source éditeur : Getinge · Principes de lavage cGMP et contrôle du rinçage

Que voit le relecteur dans sa liste ?

Trois situations possibles.

  • Les deux contrôles sont bons. Le MES garde le verdict et le contrôle visuel dans le dossier. Rien ne remonte dans la liste de revue.
  • Un des deux est mauvais. Le MES remonte une exception, avec sa source (la machine ou l’opérateur) et les éléments pour l’analyser.
  • Le contrôle visuel n’a pas été fait. Le MES indique que l’inspection est à compléter. Le cycle conforme ne suffit pas.

Exemple : le cycle est conforme, mais l’opérateur voit un résidu au déchargement. Il saisit un contrôle visuel non conforme. Le dossier garde les deux résultats tels quels, sans réécrire celui de la machine. Une exception remonte au relecteur.

De quoi le relecteur a-t-il besoin pour statuer ?

Depuis sa liste, il doit retrouver en un clic la règle qui a déclenché l’exception, le résultat reçu, son contexte et la preuve. Il analyse l’impact, écrit sa conclusion et enregistre sa décision ou demande une action. L’historique garde qui a traité le point, quand, et sur quelle base.

Quand faut-il concevoir tout ça ?

Dès le cadrage du projet MES, pas après le démarrage. Prenez une situation concrète, comme ce lavage, et suivez-la de l’équipement jusqu’à la décision du relecteur. Ce fil sert à tout : la conception, la configuration, les tests et la formation des utilisateurs.

Les tests doivent couvrir au moins cinq cas : les deux contrôles bons, un écart de cycle, un défaut visuel, un contrôle visuel oublié, et un résultat rattaché au mauvais cycle. Après le démarrage, toute évolution de recette, d’interface ou de contrôle demande une analyse d’impact.

Sources

Siemens · Conception, exécution et revue du dossier de lot

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Parlons-en avec Mathias Louis, fondateur de Maelo.

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Une mission sur ce sujetDéfinir et mettre en œuvre la revue par exception dans un MES existant